Questionner Compétences et Robustesse


Une large partie des échanges de ce 3éme cercle ont concerné la question des compétences en lien avec la robustesse.
En voici une retranscription anonymisée réalisée à partir de l'enregistrement. Merci aux participant.e.s d'amender si besoin ces notes.
Si certains lecteur.ice.s veulent contribuer sur ce sujet un espace est ouvert en fin de document.


Sur le référentiel de compétences, j'étais en train de regarder sur Pédagogie-robustesse, pour voir s'il y avait effectivement déjà un groupe qui travaillait ces questions de compétences. On peut aussi commencer à l'aborder ou le mettre à l'ordre du jour du cercle suivant. Cela pourrait être en tout cas une base intéressante de travail collectif.

Cette approche me pose des questions. Quand on parle de ces questions de robustesse, il faut être à peu près complet et donc aller au-delà du cadre des compétences parce qu'on a des valeurs derrière, on évoquait le yin et le yang, être, procéder à une remise en question et je ne suis pas sûr que le cadre des compétences soit suffisant. On a eu des discussions là-dessus, là.semaine dernière, le cadre des compétences risque d'être vécu comme utilitaire et donc être réducteur par rapport à la question. C'est une base et je pense qu'il faut trouver un équilibre entre cette approche par compétences et sans doute avoir quelque chose en en pendant ou à intégrer en explicite J'ai été frappé des gens qui nous ont dit est ce qu'on pourrait prendre ces questions-là en les mettant de manière implicite dans les compétences ? Et là, je me dis: tiens au fait est ce qu'on n'oublie pas d'affirmer des choses au travers de ce cadre des compétences. C'est un risque, mais c'est à soumettre à discussion.

En rebond c'est bien de questionner la question est donc prendre ce cadre-là, mais avec un regard critique ; et on peut commencer à l'aborder avec toutes les limites et les interrogations qu'on peut avoir là-dessus.

Oui mais il faut travailler aux deux niveaux.

Je me questionnais, j'adore les jardins, j'ai choisi d'habiter en milieu rural, et je me posais la question de comment on peut intégrer une dynamique territoriale, une dynamique à tous les niveaux, je suis en ariège, en milieu montagnard, comment cela peut s'intégrer dans le milieu universitaire, dans cette éducation au vivant. Les compétences, c'est bien, mais pour moi, c'est aussi des postures, et l'expérience, si je me fie à ce que, personnellement, je vis, avoir un contact avec le vivant, la nature, aller en randonnée, j'ai un potager, je m'intéresse à la permaculture, c'est assez transformant. Ce serait pour moi un questionnement de se dire comment on peut sortir, être hors les murs. Comme on peut, élargir la réflexion de la formation pour intégrer toutes ces questions ? Mais dans tous les cas, cela me parle beaucoup cette idée de théorie u. La transformation, c'est vraiment aussi déconstruire, réfléchir, prendre un peu de recul et je ne vois pas cela dans mon quotidien en milieu universitaire, c'est un peu décevant. On est revenu du colloque (QPES) avec plein d'idées, mais déjà là, la réalité, elle est difficile, je la vis difficilement. Je souhaiterais rejoindre des collectifs. Bien sûr, il y a faire des études, avoir des diplômes certifiés pour le travail de demain, mais voilà, il y a une réflexion plus profonde à avoir, et je pense, en tout cas moi tel que je la comprends et je la perçois que le terrain n'est pas très fertile.J'essaye d'intégrer un peu ces idées de robustesse dans l'approche par compétences. On est en train de retravailler dessus, mais c'est compliqué.

Je me suis mise dehors, justement pour être plus près du vivant. Mais oui je te rejoins complètement, merci pour tout ce que tu as dit sur l'idée d'expérience et d'apprendre à partir des expériences. Je voulais aussi rebondir sur l'approche par compétences. Le risque, par rapport à ça comme il a été dit et je le rejoint, est que ce soit statique, pas très vivant. En même temps, cela apporte un cadre crédible qui permet une espèce de point d'entrée et j'en sais quelque chose en tant qu'ingénieur, mais ça n'est pas une fin en soi et si ce n'est pas animé au sens de mettre de l'âme, s'il n'y a pas une trajectoire de transformation derrière, un mouvement. Il y a ce qu'on fait, il y a ce qu'on dit. Je trouve très intéressant que ce cercle puisse permettre de nous faire réfléchir, pas que dans l'abstraction, mais aussi en retour d'expérience de ce que l'on teste. Je me dis vraiment qu' il y a ce qu'on fait et comment on le fait et ce cercle peut aussi être un endroit ou on apprend à s'observer comment on interagit. Parce que peut-être que la transition et la robustesse elle vient de là et qu'on peut être un endroit de soin, comme ça a été dit aussi plus tôt Comme je suis très enthousiaste, je sens l'excitation,et je suis contente d'être là.

Oui, tout à fait d'accord avec tout cela, les compétences, ce n'est pas une fin en soi, je pensais juste au cadre de compétences. À l'endroit où je travaille, en fait, il y a tellement plus d'argent que rien ne bouge et il n'y aura pas de TED (TED pour le programme "Former les étudiants de premier cycle à la transition écologique pour un développement soutenable") rien ne va être mis en place par manque de moyens. La seule chose qui bouge encore un peu, c'est l'approche par compétences. Pour moi, c'est le seul levier que l'on a pour faire entrer des choses, un peu en cheval de troie, et je le vois vraiment comme ça. Mais je suis plus à l'aise de le faire ou de le proposer à mes collègues ingénieurs pédagogiques, en en discutant au préalable avec des gens qui, justement, partent de la robustesse ou d'autres approches pour construire le discours ensuite, que eux peuvent porter à moyen zéro, voire avec la suppression de très nombreux postes à la rentrée. Si on peut avoir une, une antichambre de cette réflexion à ici, ce serait top, merci.

Une petite proposition, c'est qu'on utilise l'espace collabortaif (bas de cette page) pour, justement, mettre des brouillons, des idées ce qu'on peut trouver sur l'approche par compétences et robustesse et ce que vous avez dit sur aller plus loin d'ici le cercle 4.

Est ce que vous pensez que travailler dans la robustesse est une question. On a évoqué le fait que les compétences étaient trop réducteur, je me pose la question : est-ce qu'il y a vraiment des compétences particulières, ou est-ce plutôt une question de focus, de valeurs autre que les compétences ? Pour moi la vision, c'est comment les compéténces pour les ingénieurs, qu'on forme peuvent être mobilisées dans un objectif de robustesse. Je me pose la question : y a-t-il vraiment des compétences particulières pour l'ingénieur de la robustesse ?

Une compétence : par exemple, cela peux être être capable d'accueillir ses émotions face à la polycrise, qu'est-ce que je fais à partir de ça?

ll ya l'aspect être capable de questionner son rôle. On a souvent dans la critique de la technique des mouvements. dits militants qui s'activent. On se rend compte dans l'histoire qu'effectivement, il y a le pouvoir politique général des ingénieurs, qui étaient dedans. En général, ils ont essayé de faire comme ils pouvaient, au mieux de ce qu'ils pouvaient et de ce qu'ils avaient. Ce qui leur a manqué à ce moment-là c'est d'avoir le réflexe de dire: moi, je suis ingénieur, je dois me questionner sur ce qui se passe, ce qu'on nous demande et le contexte dans lequel je vis. Et donc, ça, on peut le regarder au prisme de la robustesse. Et donc pour moi, ça doit être une compétence, en tant qu'ingénieur, je dois questionner, je dois me demander dans quel contexte je suis.

D'autres suggestions ?

L'agentivité politique, pour rejoindre un peu ce qui a été dit. C'est-à-dire faire les constats effectivement, trouver ma place dans tout ça et quel citoyen je deviens. Ce n'est pas quelque chose que j'ai appris du tout, moi non parcours.

Dans les quatre ou cinq éléments que décrit Olivier Hamant il y a aussi la coopération et il y a des compétences pour coopérer qui ont été décrites.
La coopération, c'est une compétence de base pour un ingénieur, quel qu'il soit.
Oui, mais là on l'entend aussi, en coopération plus ouverte.
En mode un plus un, égale trois et avec les non-humains.
Il faut clarifier effectivement ce que vous mettez derrière le terme. J'ai des collègues qui font des projets collaboratifs en recherche, dans les ANR, je pense qu'ils ne mettent pas du tout les même choses derrière que ce que l'on entendrait ici.
Cela vient encore interroger la question: quelle coopération pour la robustesse?

Je vais donner un petit exemple très concret de déclinaison : un nouveau leader, c'est dire "ça, je ne sais pas et j'ai besoin de". A aucun moment on me l'a appris ça dans ma formation, c'est plutôt l'inverse. J'ai fait partie de la commission pour la transformation des formations dans mon école et cela a très vite été très déstabilisant pour les enseignants, qui sont considérés comme des experts, chercheurs, etc. de leur dire: non, mais vous avez le droit de dire, je ne sais pas et justement, votre rôle, c'est peut-être d'être médiateur et non pas de dire: je vous donne, ça c'est super difficile et ils ne savent pas faire, et du coup, nous non plus, on ne sait pas faire.

Ne généralisons pas..

Mais en fait, moi ça m'amène à la question: est-ce que toutes ces belles choses sont vraiment spécifiques à la formation à la robustesse ou est-ce que ce sont des choses qu'on découvre qui ont été ignorés et qu'on n'aurait pas dû ignorer ?

On remet le système en question et donc on s'aperçoit qu'il y a des angles morts.

Et justement la robustesse, c'est l'opportunité de dire, que c'est important. Voilà, je suis assez d'accord sur le fait que pour l'ingénieur de la robustesse, cela nécessite sans doute ce genre de choses, mais la question qui sera posée et que je me pose, c'est pourquoi on l'a pas pour un ingénieur standard ? Cela devrait être vu dans une formation d'ingénieur? effectivement, tout ce qui est le care, les émotions, tout ça, ce sont des choses qui sont sous le tapis.

Tu poses des grandes questions..

Peut-être là-dessus, que ce ne sont as les différents éléments qui sont novateurs, c'est la construction argumentative et là la démonstration qui l'est très largement. Je pense que, par ailleurs, pour les ingénieurs, il y a vraiment des pistes qui sont très directes pour être un ingénieur de la robustesse. Si je vous dis, c'est quoi être un traducteur ou un historien de la robustesse ? Olivier Hamant est venu parler à des doctorants là-dessus, c'est un peu plus compliqué, mais si on trouvait des caractéristiques peut-être communes ou au contraire pas du tout, ce serait intéressant pour que tout le monde se sente concerné en fait. Les ingénieurs, on voit que vous êtes très loin dans la réflexion, typiquement pour mes collègues du département de psycho, c'est quoi un psychologue de la robustesse ? Comme ça ne va pas du tout leur parler, ni au département d'allemand, à part les gens qui le lisent personnellement ? ni la coopération non plus d'ailleurs.

Personnellement, l'idée de la coopération, elle est belle aussi, coopérer, il y a un objectif, une finalité commune, encore faut-il savoir vers où on va. Pour moi, c'est un peu une question axiologique, même existentielle. A QPES lors d'une session, il a été question de récits : quel est le récit que l'on veut construire? quelle est la vie que l'on souhaite? Comment on imagine notre vie ? Je témoigne de mon expérience et comment, moi, je vois les choses. En fait, cette idée du vivant lorsqu'on s'éloigne de la ville et qu'on est au contact des animaux, des paysans, c'est là où qu'on se dit peut-être que notre vie est imaginer. Depuis trois ans, j'habite en milieu rural, pour moi, c'est assez impactant, ça m'amène à beaucoup de réflexion, finalement, quelle est la vie ? quel imaginaire possible, quels sont les imaginaires ? comment se projette, dans quel monde on souhaite vivre et comment on le conçoit ? pour moi, la robustesse aussi, c'est cette question-là, vers où on va et pourquoi en fait? il me semble que on on se connaît peu soi-même, c'est, ça qui requiert le contact avec le vivant. Cela donne des stimuli, pour développer une posture réflexive sur qui on est, quels sont les réels besoins ? de de quoi a-t-on réellement besoin pour vivre de manière équitable ?


Je partage pas mal ça. Je suis un peu ancré aussi, en pensée, bien existentielle, je viens de faire mes études, dire où je vais, dans quoi je m'engage, dans quel contexte, c'est impactant. Sur la remarque est ce qu'il n'y aurait pas ces compétences (de la robustesse) pour un ingénieur standard. Je pense qu'il y a le réel, ce qui se passe, et il y a le « monde des idées » et les deux interagissent. On voit ce qui se passe dans le réel et à partir de ça, on en tire des conclusions, des analyses, et ensuite on va essayer de poser d'autres théories. Pour moi, la robustesse, ce n'est pas une invention, c'est juste de l'assemblage une brique qui existe déjà à partir de l'analyse et qui permet de se rassembler, de se mobiliser, de dire comment on vient transformer le réel à partir de ça. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'autre approche qui permettrait d'arriver au même résultat en termes de concret, d'actions, de ce qui peut changer sur un ingénieur. Probablement qu'il y a déjà eu pas mal d'autres choses qui existent et qui amènerait une conséquence, ou une même orientation, qu'aujourd'hui le concept de robustesse qui nous permet de faire bouger. Mais effectivement aujourd'hui l'argumentaire, la manière dont Olivier Hamant a popularisé cela aide à aller. massivement, et plus en profondeur pour, justement, transformer ces ingénieurs.

La robustesse pour moi, c'est effectivement un récit possible de l'évolution. Ce qui m'embête là-dedans, c'est qu'on a beaucoup parlé d'ingénieurs peut-être parce il y en a plein en salle, mais je pense, que l'on n'est pas représentatif de l'ingénieur formé moyen. On a un parcours qui fait qu'on a des idées et des expériences de vie qui nous ont amené à évoluer. Il y a différentes expériences, qui t'amènent à te poser des questions et, suivant ton contexte, ce ne seront pas les mêmes récits, pas les mêmes questionnements. La semaine dernière, on était sur un colloque (QPES) ou il y avait plus de diversité et c'était, c'était intéressant de voir des invariants. En pédagogie si l'on remontre sur Paulo Freire et d'autres, on va retomber sur des choses qui sont aussi celles qui nous animent aujourd'hui. Je pense que la robustesse c'est aussi un moyen de faire un packaging sur un certain nombre de choses. On parlait tout à l'heure du travail de Siefried Rouvrais qui lui travaille sur la résilience sur les systèmes de formation, il analyse en quoi un système de formations est résiliant ou pas ? mais dans ce cas c'est le même modèle que la robustesse, l'intérêt de la robustesse, c'est qu'on peut l'appliquer sur pas mal de choses peux-être pas pour un psychologue, qu'est-ce que c'est qu'un psychologue ou un psychiatre robuste ? Quoique c'est une bonne question. Tu parlais aussi de doctorants .

La résilience c'est le retour à l'état initial, ce qui ne produit pas de mémoire en cas de choc. Sur un CV de psycho ils vont tout de suite, me parler de résilience, ectte notion on connaît. Non, ce n''est pas le fait de revenir à l'état initial, c'est d'assumer que l'état initial est fluctuant et qu'il faut pouvoir résister à cela. Cet axe de SHS me semble hyper porteur et y compris avec des ingénieurs, puisqu'on vous demande souvent des solutions à vous ; mais peut-être qu'elles pourraient aussi venir d'autres disciplines.

C'est apprendre à parler avec d'autres disciplines, mais je pense que c'est vrai pour tout le monde. L'ingénieur doit apprendre à sortir de sa discipline et tout le monde doit apprendre à sortir de sa discipline. Je suis tombé sur un bouquin sur comment vous voyez une autre attaque de l'écologie. Ils ont posé la question à plein de gens, de domaines différents et c'était super intéressant de voir qu'effectivement les réponses sont complémentaires et qu'on doit s'enrichir de la différence.

Moi aussi, j'ai l'impression que ça part dans tous les sens, mais peut être que c'est l'objet. J'ai envie de partager ce qui me traverse. En ayant beaucoup lu, beaucoup cheminé, j'en suis arrivé là : peut-être qu'on pourrait mettre la sagesse au cœur du projet, dans le sens, peut-être que c'est une compétence incroyable d'apprendre à se laisser traverser par ce que la vie me murmure et non pas penser comme moi, avec ma petite boîte crânienne et mon petit cerveau, je vais savoir comment adresser quelque chose de si complexe dans le sens de la systémique. On parlait de de reliance, quand je vois le vivant, il se laisse traverser, il n'essaye pas de contrôler ce qui se passe. J'ai appris à contrôler, je sais très bien le faire, du coup j'ai fait plein d'entorses et j'ai fait un burn out ; j'étais complètement incomplète. Cela peut paraître un peu perchée, mais moi, ça me paraît au contraire hyper rationnel, parce qu'il y a plein de peuples qui fonctionnent de cette manière, qui apprennent à écouter et c'est une compétence clé dans la théorie U. Aujourd'hui, on parle d'écoute, il ya différents niveaux d'écoute : j'écoute, moi, après j'écoute l'autre près, il y a l'écoute empathique, et puis, après, il y a l'écoute générative, c'est cette écoute du chant ou je me laisse inspirer, je ne sais même pas à la seconde, d'après ce que je vaix dire, avant. Je trouve ça assez ouf comme compétence, et j'ai l'intuition très forte qu'elle est au cœur du sujet. Que c'est de cet endroit là qu'il faudrait apprendre à agir individuellement comme collectivement, ça, c'est spirituel , en France, c'est compliqué de dire ça.

C'est l'idée de tout contrôler tout le temps sur soi-même, sur les autres, sur les animaux, sur la nature, c'est en fait une obsession, et c'est toujours dans une perspective de résultats. L'œuvre de Michel Foucault est immense, j'ai étudié un petit peu ses travaux sur l'herméneutique du sujet. Je suis aussi d'origine grecque, jai grandi avec ça : Socrate, connais-toi toi-même, le souci de soi qui en fait une méthode en fait, comment on peut donner de la place à la spiritualité, à cette idée de l'éthique, du souci de soi, d'être, d'apprendre à se connaître, parce que quand on se connaît mieux, on arrive peut-être à communiquer avec les autres et à prendre en considération l'environnement et le vivant dans lequel on est. L'université, pour moi, c'est, c'est toujours aller vite pour tout contrôler. En australie, je n'ai pas vécu la même chose, il y a un côté un peu plus lâcher prise collectif, spirituel, avec les arts, beaucoup de thérapie art dans les écoles. Leur connexion avec les aborigènes avec des cours où ils allaient étudier, complètement dans le désert ou dans des régions reculées pour renouer avec le savoir ancestral, local, cette idée de l'expérience, d'aller vivre avec des aborigènes, pour développer ces savoirs

J'étais informaticienne et je suis maintenant ingénieur pédagogique, mais je n'arrive pas encore à m'exprimer comme vous, mais j'espère que ça viendra. De part ma formation d'informatique, j'ai toujours un peu besoin d'outils pour pouvoir concentrer tout ce que vous dites, cmment je vais pouvoir utiliser tout ça et éventuellement, le proposer à mes enseignants, à mes groupes de travail. Et puis, l'approche par compétences m'aide aussi, les maquettes, arriver à mettre des petites choses dans des cases, j'ai réussi à le faire. Quand on m'a demandé de mettre de la transition dans les maquettes, j'arrivais à en mettre dans les apprentissages critiques ou autres, et du coup j'ai toujours un peu besoin pour pouvoir avancer, d'avoir des outils pour déployer quelque chose (par exemple sur la théorie U évoquée aujourd'hui).

Dans les compétences: se reconnaître comme un être vivant au même. titre que d''autres cela me paraît intéressant. Se laisser traverser : on a vécu des périodes très confinées, et cela fait vraiment partie pour moi des questions socialement vives, notamment à l'université. Cette question de se laisser traverser par des choses est très compliquée à aborder suite à tout ce qu'on a vécu ces dernières années.

Si vous voulez bien on va peut être conclure cette séquence, beaucoup de questions ont été ouvertes que je vais essayer de reprendre parce que on a enregistré la la séquence, de façon à faire un petit compte-rendu, qui intéressera les des personnes qui n'ont pas pu participer à la réunion et peut-être aussi dans l'idée d'élargir le cercle apprenant à d'autres réseaux de communautés apprenantes qui s'intéressent à la robustesse et en particulier, ne pas rester en milieu universitaire, mais s'intéresser aussi à d'autres réseaux de formations. qui travaillent actuellement cette question. J'ai trouvé très riche toutes les questions qui ont été posées, même si on n'apporte pas des réponses, le cercle apprenant, c'est ça aussi : se poser des questions et avancer ensemble.

Effectivement cela permet de mélanger différents points de vue, différentes sources d'informations, j'ai trouvé cela un peu déstructuré, mais intéressant quand même, merci à tout le monde.

Et à suivre sur Questionner compétences et robustesse


Une contribution de Pascal Detroz sur Pedagogie-robustesse à qui j'ai signalé notré échange

5 juin 2025 11:28

Merci cher Briand Michel. Voici ce que j'écrivais à ce sujet dans un autre fil :

Dans l'enseignement supérieur, et cela n'engage que moi, l'approche par compétences, qui a influencé l'enseignement supérieur de manière plus ou moins significative, est née dans le creuset d'un système néolibéral subordonnant partiellement (heureusement !) les universités au monde économique. Je pense qu'aujourd'hui, il est nécessaire de changer le logiciel de la pédagogie de l’enseignement supérieur. Cela signifie, à mon sens, créer une pédagogie universitaire qui, sans ignorer la performance, intègre (et non superpose) une dimension importante de robustesse. Dans mon esprit, dans un contexte mondial marqué par l’instabilité — écologique, économique, sociale, démocratique — la pédagogie de la robustesse se présente comme un contrepoint à l’approche par compétences qui (j'insiste et selon moi) est alignée sur les exigences d’un marché du travail néolibéral. Là où l’APC vise l’adaptabilité de l’individu à l'économie de marché, la pédagogie de la robustesse propose de former des citoyens ancrés, critiques et capables de discernement face aux mutations du monde. En ce sens, les université se seraient plus subordonné partiellement, en quelque sorte, au monde économique mais servirait à nouveau la société revenant ainsi à un modèle plus humboldtien.