Les Communautés apprenantes de la Robustesse

Présentation à l'atelier du Forum de la coopération à Chambéry à partir de l'enregistremnt
et aussi les notes de Véronique
Une suite de l'atelier « Robustesse : Comment apprendre, pratiquer, coopérer ? » au Forum de la coopération de Chambéry 2026.
Vanessa : Merci à ceux qui ont décidé de rester avec nous pour aller creuser un peu le sujet des communautés apprenant de la robustesse. Michel, je te laisse la parole pour mettre tout le monde sur le même pied d'égalité sur les communautés apprenantes de la Robustesse
Michel : Je vais faire court sur les communautés apprenantes en général. C'est une vieille notion qui vient de l'éducation populaire basée sur l'idée d'apprendre ensemble, il n'y a pas de sachant, le savoir se construit. Sour=s l'onglet communautés apprenantes de la robustesse, j'ai mis une petite biblio qui présente à la fois quelques éléments de la littérature de personnes qui ont pensé la question et une biblio plus concrète avec quelques exemples de communautés apprenantes qui peuvent exister aujourd'hui.

Des communautés apprenantes en coopération ouverte

Dans cette même page sont présentés les principes de fonctionnement qu'on a choisi d'expérimenter dans les communautés apprenantes de la robustesse. La plupart des communautés apprenantes qui existent en France, sont des communautés apprenantes fermées dont les contenus ne sont pas accessibles aux personnes hors de la communauté. Ils font de la coopération, mais pas de la coopération qui met en partage et donne à voir ses productions. Il y a par exemple des communautés apprenantes au sein du CNFPT, des communautés apprenantes d'entreprise en coopération entre les gens habilités à participer à la communauté. Le principe dans les communautés apprenantes de la robustesse c'est que tout le monde peut participer et que tout ce qui est produit et échangé est rendu public et réutilisable, pour en faire des communs comme expliqué tout à l'heure dans l'atelier « Robustesse : Comment apprendre, pratiquer, coopérer ? ». Public, ce n'est déjà pas évident de rendre compte de ce qu'on fait et lorsque l'on met en place une rencontre sur un sujet un webinaire par exemple « La classe dehors levier pour une pédagogie de la Robustesse », il y a le texte retransrit ou l'audio qui sont publiés sur le wiki de la communauté apprenante. Ils sont mis à disposition, de façon à ce que le commun que l'on construit s'agrandisse au fur et à mesure des éléments apportés par la communauté apprenante. C'est important de le dire parce que dans la culture des communautés apprenantes, il n'y a pas cette culture du partage sincère, c'est quelque chose que l'avait pratiqué dans les Ripostes Créatives avec Laurent Marseault et que l'on a intégré dès départ dans la robustesse.org et qui fait partie de notre culture commune avec Laurent et Gatien et qui est vraiment quelque chose d'important. Quand des gens participent à une communauté apprenante, il faut qu'ils le comprennent un peu que s'ils participent à la production d'une ressource, on leur demande ce que cela soit partagé et réutilisable. Si ce n'est pas le cas on ne la mettra pas pas le cas en ligne, parce que c'est quelque chose qu'on n'a pas le droit de réutiliser. Pour le moment, cela ne pose pas de problème aux personnes, lorsque l'on avait travaillé avec la direction innovation du CNFPT avec Laurent, au moment du Covid, on leur avait dit qu'on voulait bien les aider mais à cette condition là d'un partage sincère. Cela a marché: tant qu'on l'a pratiqué, cela ne posait pas de problème que tous les comptes rendus de réunions soient mis en ligne, y compris pour les gens hors de la communauté. Et puis très rapidement après le Covid, la réalité du fonctionnement du Centre de Formation du Personnel Territorial a repris le dessus et aujourd'hui, il n'y a plus de production sur Riposte Créative Territoriale. Ce partage n'est pas quelque chose d'évident, c'est quelque chose de fragile auquel on tient et que l'on a essayé de faire vivre effectivement. Le meilleur moyen de la faire vivre c'est aussi de montrer que ça crée de la valeur, ça crée des communs qui sont intéressants pour tout le monde. Aujourd'hui il y a pas mal de communauté qui se mettent en place où chacun va faire un peu à sa façon et on va voir comme ça s'enrichir des communs où les productions sont rédigées par les uns et les autres.

Pour démarrer une communauté apprenante de la robustesse

Le maillon faible, le point le plus difficile c'est l'animateur ou l'animatrice de le communauté apprenante. Trouver des gens qui s'intéressent à un sujet autour de larobustesse, par exemple si on proposait une communauté apprenante robustesse et alimentation ne serait pas difficile et je pense qu'on peut trouver rapidement plusieurs dizaines de personnes intéressées. Le problème, c'est que la communauté et la coopération cela s'anime, s'il n'y a pas d'animateur, de personnes qui peut mettre un peu de temps pour faire en sorte que cette communauté se réunisse, pour que des propositions se dégagent et que des groupes vivent, cela ne fonctionnera pas. Donc le point important pour créer une communauté apprenante c'est d'avoir une ou deux personnes (ou plus) volontaires pour initier le processus et en prendre soin. C'est un petit jeu de mot care c'est le soin, aussi l'acronyme de Communautés Apprenantes, Robustesse.
N'importe qui peut créer une communauté, dire « J'ai envie de créer une communauté ». Ensuite en général, je prends contact avec la personne et lui propose de créer l'outil de base, le wiki qui permet de de démarrer cette communauté selon les principes de fonctionnement présentés plus tôt. Jusqu'ici les personnes acceptent facilement ce fonctionnement en partage sincère de la communauté et aussi le fait que la communauté soit ouverte sur les personnes mais aussi sur les sujets. Si quelqu'un est branché sur un sujet particulier, il ne faut pas pour autant que la communauté se limite à son sujet, à lui et donc accepte que, sur cette communauté thématique qui va se mettre en place d'autres propositions émergent et que ces propositions aient autant le droit de vivre que le sujet précis que la personne voulait initier.. Dans un projet sur Robustesse et urbanisme, l'intérêt initial portait sur la robustesse des agences d'urbanisme, mais avec le thème « robustesse  et architecture », il y a plein de sujets qui en relèvent tel l'habitat partagé et donc il faut accepter de lâcher prise et faire en sorte que les sujets abordés par la communauté apprenante sont ceux que les personnes qui participent choisissent. C'est vraiment important, dans l'esprit d'une communauté apprenante que la communauté soit ce que les gens ont envie d'en faire et d'apprendre ensemble.
Ces principes sont quelque chose qui peut évoluer au fil des communautés qui se mettent en place, v Vous pouvez les voir et puis c'est modifiable et si on s'aperçoit qu'il y a un probléme à un moment donné, on les fera évoluer. Dans des rencontres comme ce Forum de la coopération ou au Forum des usages coopératifs à Brest en juillet ou aux rencontres co-construire en 2027, on essayera d'avoir des réunions des communautés apprenantes pour qu'on puisse échanger là-dessus, et tout à l'heure on a évoqué l'idée avec Gatien et Laurent de faire un café robuste au printemps où la douzaine de communautés existantes viendraient chacune apporter un témoignage ou sa pépite, et donc on va essayer de d'apprendre ensemble aussi.

Comment démarrer ?

Dans l'onglet communauté apprenante il y a une icône pour chaque communauté avec un lien vers chaque wiki associé. Voici par exemple la communauté sur le soin qui a été créée en décembre. En général, une fois que la communauté est créée avec une intention qui est affichée, comme ici celle proposée par Julie Chabaud pour regrouper les personnes qui s'intéressent aux questions du soin, la première chose à faire, c'est une réunion d'inter-connaissance. Quand une personne s'inscrit à une communauté, on lui demande de se présenter nom, prénom, structure, motivation et questions qui l'intéressent. Ainsi la personne qui anime la communauté apprenante a un point de vue sur les vingt, trente, quarante, cinquante premières personnes qui se sont inscrites, ce qui permet de voir un petit peu quelles sont les attentes des personnes.

Les propositions

Et comme maintenant, les communautés commencent à avoir pour certaines pas mal de monde, on a mis en place un système qui s'appelle les propositions comme ici celles autour du sion. Il y a un formulaire qui permet à chacun d'ajouter une propositions. Au départ, Julie Chabaud a mis deux ou trois propositions, comme par exemple le « design with care » du territoire », « Robustesse, et organisation du soin », etc qu'elle a présenté lors de cette première réunion et ensuite au fur et à mesure de l'échange, les personnes sont invitées à formuler de nouvelles propositions. A la fin de chaque proposition, vous inscrivez la personne qui la propose et n'importe qui peut en modifiant la fiche s'inscrire comme intéressé par la proposition. Cela crée potentiellement un groupe de travail des personnes qui sont intéressées par un sujet et qui se développe au fur et à mesure des nouvelles arrivées dans la communauté.
La personne qui a formulé la proposition a pour charge de faire une première réunion, une première rencontre des personnes qui sont intéressées par la proposition, et ce groupe-là va s'auto-organiser comme c'est le principe dans une communauté apprenante. Toutes les propositions sont bienvenues et après, les gens vont voter et choisir de participer en s'inscrivant ou pas sur la proposition.
Voilà comment on fonctionne pour permettre aussi des rencontres en petit groupe lorsque l'on est 200 personnes comme dans cette communauté robustesse et soin. On veut pouvoir travailler par petits groupes et le système de proposition nous permet de travailler ainsi.
Les Communautés apprennates en mars 2026
Une question : pour les communautés en sommeil on peut les réveiller ?
Tout à fait en contactant la personne qui l'a initiée et en lui proposant votre concours pour son animation par exemple voir avec Lauren pour la communauté robustesse et agriculture.
Aujourd'hui, (mars 2026) il y a 10 communautés apprenates actives et une demi-douzaine ou presque une dizaine qui sont en attente dont certaines vont bientôt démarrer, par exemple, la communauté Robustesse et entreprise familiales avec Isabelle Cussac, qui sort un livre sur le sujet le 2 avril. Une autre communauté comme robustesse et numérique est en gestation depuis 3 mois peut-être que la personne qui a proposé ce thème n'a pas forcément beaucoup de temps et actuellement il y a quelques personnes qui rejoignent cette communauté Robustesse et numérique pour donner un coup de main et ça devrait démarrer sous peu.
Vous avez le temps entre le moment où vous déclarez l'idée et le moment où ça va démarrer.
Les communautés territoriales:: En paralléle de ces communautés thématiques, on a aussi ouvert des communautés territoriales. La première créée c'est celle autour de Rennes en octobre 2025. Là, on fonctionne différemment, en général, ces communautés territoriales privilégient les réunions en présence
(sauf en loire-atlantique, où à l'échelle du département, le territoire est un peu grand et qui mixent les deux types de réunions)
L'intérêt sur Rennes où en est 48 actuellement c'est que les personnes se rencontrent avec une grande diversité de personnes dont ne savait pas au départ qu'elles étaient ntéressées par la robustesse. Un collectif se constituent et des personnes proposent des initiatives : Crash test, arpentage, carte mentale, constellation et robustesse, débat pourquoi la robustesse intéresse ; présentation de la robustesse … comme nous l'avons documenté. Cela contribue à alimenter un éco-systéme à côté de l'université de Rennes qui a introduit dla robustesse -dans son schémé sur la transition, l'agglomération qui a demandé à Manuel Ibanez une formation sur la robustesse autour d'un projet d'aménagement urbain. Et la bonne surprise, c'est qu'en 6 mois on est déjà à une dizaine d'initiatives. Il y a des initiatives qui peuvent être très simples à organiser et d'autres qui demandent un peu plus de recul, d'expérience sur la robustesse mais il ya beaucoup de ressources qui sont disponibles.
Des communautés thématiques envisagent aussi d'avoir une dimension territoriale, comme dans le soin où avec 200 personnes des rencontres locales aussi apparues dans les propositions. L'inscription sur la carte permet de voir qui, pas loin de chez vous, participe à la communauté. Avec un principe qu'on a mis en place, on va voir si celui ci c'est robuste et si c'est intéressant : en fait, on a besoin de confiance entre les personnes qui participent à la communauté, aussi toutes les présentations que font les uns les autres ne sont accessibles qu'aux membres de la communauté, ainsi le monde extérieur ne voit pas qui et pourquoi quelqu'un participe à cette communauté. On a pensé que les personnes seraient plus libre comme cela vis à vis par exemple de leur employeur. Si vous n'êtes pas membre de la communauté, la carte, tu ne peux pas cliquer dessus et voir la présentation de la personne.