Débat ouvert du 26 novembre "Robustesse, robustesse... Quel succès !"
Pourquoi le concept de robustesse exprimé par Olivier Hamant rencontre une telle adhésion ?
Introduction
Le concept de robustesse présenté par Olivier Hamant rencontre, à chacune de ses interventions, engouement et adhésion de la majorité de l'auditoire. Au minimum cela ne laisse pas indifférent et provoque de nombreux échanges. Chacun, déjà sensibilisé aux questions liées à la transition écologique et sociale, y trouve quelque chose qui résonne, qui fait écho : des éléments sensibles et motivants qui semblent dépasser le simple intérêt théorique.- Et nous, où avons-nous rencontré ce concept et qu'est-ce qui a fait qu'il nous a séduit ?
- Peut-on y puiser les ressorts permettant de contribuer et/ou d'amplifier sa diffusion ou de la mettre en pratique ?
- A contrario, avons-nous rencontré des "anti-robustesse" et quels sont leurs arguments ?
- Avons-nous déjà dépassé cette première impression favorable pour l'expérimenter dans des cas concrets ?
- Ces expérimentations ont-elles renforcé ou relativisé l'intérêt porté à ce concept ?
Participant·e·s
- Michel Briand, animateur de communautés, animateur de robustesse et formation (https://larobustesse.org/?Robustesse-Formation)
- Stéphane Langlois, Université de Rennes - Direction de la transition écologique et sociale
- Anne Laborde, Dirigeants responsables Rennes-Bretagne
- Eric Chatry, Dirigeant-entrepreneur
- Yann le Faou, Université de Rennes Ingénieur de recherche et coordinateur de projets, Université de Rennes, chercheur associé au CREAD, projet IRIS-E
- Patricia Amé, Université de Rennes, enseignante faculté de médecine
- Gaelle Cotonec, consultante management
- Tom …, indépendant
Déroulé de la rencontre
- Introduction et présentation de la rencontre
- Tour de table (Qui nous sommes, C'était quoi notre première rencontre avec la robustesse, un mot, une idée que a remporté notre adhésion)
- Discussion et enrichissement
- Les arguments des "anti-robustesse"
- Les expérimentations en cours et leur résultats
Nos échanges
Le résumé ci-dessous ne rapporte par les propos précis de chacun des participants mais résume, en structurant les idées générale de la conversation, avec ses prises de position subjectives.Ce qui, pour chacun d'entre nous, provoque l'adhésion au concept de robustesse
- Pour lancer la conversation : Lors de la première session de Convention de l'Université en Transition (mai 2024, Constat et monde d'après), la courte intervention d'Olivier Hamant (30 min) a fait sensation et a emporté l'adhésion d'une majorité des participants. Après une série de conférences très pessimistes, sur la crise en cours celle d'Olivier Hamant apportait une respiration et des raisons d'espérer. Cette optimisme, même relatif, l'utilisation fréquent du mot "joyeux", le fait que selon O. Hamant il y a dans la robustesse "une pulsion de vie" a certainement participé à ce retour positif des participants.
- Le regard positif d'O. Hamant et sa manière de présenter la robustesse redonne le moral et l'envie d'agir. Cela produit une réelle dynamique que l'on retrouve dans nos communautés apprenantes autour de la robustesse. Il faut rappeler que les communautés apprenantes est l'un des éléments portés par le concept de robustesse. Cela fait écho au travail sur les communs et sur la coopération. Cela agit clairement comme une bouffée d'oxygène pour ceux qui perçoivent avec inquiétude la crise que l'on traverse. D'où la perception positive des auditeurs : des raisons d'espérés.
- Contrairement à d'autres modèles, celui sur la robustesse fait des liens directs avec des éléments de connaissance que l'on détient déjà. Cela entre en résonnance avec des sujets divers que l'on peut croiser soi-même. La question systémique est au centre du sujet. Nous pouvons assez rapidement appréhender comment nous pouvons commencer à agir à l'aide du concept de robustesse. Cela peut être une voie pour chercher des solutions pour améliorer le fonctionnement des organisations et soulager les personnes qui y travaillent. Mais la question de l'application du concept de robustesse dans l'entreprise reste entière.
- Le rapport au vivant, à la performance, à la sous-optimatilité et à la fluctuation sont des éléments prépondérants de l'adhésion. L'ancrage dans le monde du vivant, la légitimité d'O. Hamant en sa qualité de biologiste et le fil tirer de cette "comparaison" est fascinante et apparait comme une évidence. Il en va de même pour l'explication de la fragilité qu'engendre la recherche permanente de la performance et l'adaptation indispensable dans un monde fluctuant. Ces concepts peuvent être appréhendés relativement facilement.
- Là aussi, si les concepts peuvent être compris relativement facilement et semblent assez "évidents" la question de leur application dans les organisations paraît plus difficile.
- Hors du concept de robustesse, O. Hamant a aussi cette capacité à capter l'attention, à raconter une histoire, à synthétiser et simplifier sa pensée. C'est un excellent orateur, très pédagogue : cela participe beaucoup à l'adhésion des publics. Il s'adapte au format et à l'auditoire, il adapte ces exemples et globalement la majorité comprend de manière immédiate l'angle du discours et le concept qui le sous-tend.
- Il faut cependant remarquer que lorsque le concept (dans les formations par exemple) est expliqué et soutenu par d'autre qu'O. Hamant l'adhésion reste la même. On ne peut donc pas dire qu'il est la seul raison de l'adhésion.
Les arguments contre ou relativisant le concept de robustesse
- La question des marges (à l'exemple des mouvements des nuées d'oiseaux. Les changements de directions viennent des oiseaux placés en marge et non placé au cœur.) : idée intéressante qui participe à l'adhésion mais encore faut-il que les idées portées en marge soient celles qui aillent dans le sens de la transition écologique et sociale. Les marges vont-elles dans le sens de la robustesse ? Ce principe fonctionne pour toutes les idées y compris celles à rebours de la transition.
- Il faut rappeler cependant que :
- la robustesse se développe dans les marges mais les marges ne sont pas pour autant dans la robustesse.
- Que le conception de marge n'est proprement à celui de la robustesse mais plutôt à la systémie ou à l'évolution des groupes sociaux (Howard Becker) ou au modèle des représentations sociales (Abric)
- Si le concept est facilement assimilable, peut-être parce que souvent simplfiié avec des exemples réccurents, on peine parfois à voir comment il est possible de le mettre en oeuvre dans nos différentes organisation : comment faire bouger la gouvernance des entreprises, comment les convaincre et comment appliquer le conception de manière concrète. Si O. Hamant est spécialiste du vivant, il ne l'est pas de l'entreprise. La mise en application est parfois considéré comme très hypothétique. Un concept qui interpelle mais qui peut paraitre pas très opérationnel. Il y a peut-être une sorte de confiance "aveugle" dans la réalisation du concept en mettant peut-être trop la réalité socio-économique de côté.
- En particulier, la critique de la performance très présente dans le concept de robustesse peut être considéré comme un obstacle insurmontable pour introduire le concept dans l'entreprise. Cette critique peut être difficile a entendre pour un dirigeant d'entreprise. A ce propos, Olivier Bouche (fondateur de robustesse.org) modère les propos sur la performance notamment mieux adapter le concept à l'entreprise (voir https://www.laprocure.com/product/903780/bouche-olivier-regenerons-nos-organisations-l-humain-sur-le-chemin-de-son-genie). Il est nécessaire certainement de réviser la notion de gain.
- La question des marges relative la gouvernance des entreprises n'est pas évidente. Cette notion doit être prise en compte. Elle a été abordée lors de "coopérer pour une entreprise robuste" : cela entre dans les pratiques liées à la consultation et à l'intégration des parties prenantes dans l'entreprise.
En conclusion
On est au début de l'exploration du concept de robustesse. Le concept est séduisant. Il "fonctionne" et répond à beaucoup d'interrogation et de critique de notre système essentiellement basé sur la performance. Les capacités d'O. Hamant à le rendre compréhensible par le plus grand nombre peut aussi donner l'impression d'un concept simpliste, peu applicable. Ce sont les acteurs de terrain qui par la mise en place progressive d'expérimentations concrètes inspirées du concept pourront attester de la facilité d'opérationnaliser le concept.Exemples d'expérience de mise en oeuvre de la Robustesse
- Cidrerie Coat al Bret (L'une des actions pourrait être de les inviter à témoigner de cette mise en oeuvre)
- Terre de liens
Verbatim
- "Il y a dans la robustesse une pulsion de vie"
- "Quand l'actualité ne me donne pas le moral, je vais écouter Olivier Hamant."
- "L'un des sujets c'est de faire émerger des idée et de construire des communs, le concept de robustesse est dans cette axe."
- "la robustesse se développe dans les marges mais les marges ne sont pas pour autant dans la robustesse"
Liens cités
- https://www.thinkerview.com/olivier-hamant-survie-dans-le-chaos-la-robustesse-a-lepreuve/
- https://www.laprocure.com/product/903780/bouche-olivier-regenerons-nos-organisations-l-humain-sur-le-chemin-de-son-genie
- Lien vers la prise de notes (Pad) : https://pad.infini.fr/p/successobustesse